Conférence de presse du 22 octobre 2019 tenue par la Porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Hua Chunying
2019/10/22

Q : Selon les médias, le Secrétaire d'Etat américain Pompeo a déclaré le 21 octobre que le bras long du gouvernement chinois touche les entreprises américaines, volant leur propriété intellectuelle et leur imposant le transfert de technologies. Par conséquent, il est très difficile pour de nombreuses entreprises américaines de réaliser des bénéfices en Chine. Quelle est la réponse de la Chine à cela ?

R : Comme tout le monde le sait, la « juridiction au bras long » est un outil de sanctions unilatérales et une pratique d'intimidation utilisés par les Etats-Unis pour réprimer délibérément des entités et des individus étrangers en vertu de leur droit national. L'abus de la « juridiction au bras long » doit être considéré comme une « propriété intellectuelle » des Etats-Unis. La Chine s'y oppose fermement, n'y voit pas l'intérêt et ne la « volera » jamais.

En ce qui concerne les prétendues difficultés rencontrées par les entreprises américaines pour réaliser des bénéfices en Chine, vous vous souvenez peut-être de l'enquête de 2019 sur l'environnement des affaires en Chine publiée il y a peu par le Conseil commercial Etats-Unis-Chine. Selon l'enquête, 97% des entreprises américaines interrogées ont réalisé des bénéfices sur le marché chinois, 74% des membres d'AmCham China envisagent d'accroître leurs investissements en Chine et plus de 95% des entreprises interrogées affirment ne jamais avoir dû transférer des technologies à la partie chinoise. Je me demande comment M. Pompeo est parvenu à la conclusion dont vous avez parlé.

Q : Le Sous-secrétaire adjoint américain à la Défense, Chad Sbragia, a déclaré lors du Forum Xiangshan à Beijing le 21 octobre que les Etats-Unis ne cherchaient pas à « se découpler » de la Chine ni ne demandaient à aucun pays de choisir son camp. Ce que les Etats-Unis recherchent, c'est un rééquilibrage et un redressement des relations sino-américaines. Quel est le commentaire de la Chine à ce propos ?

R : Comme la partie chinoise l'a souligné à maintes reprises, étant donné la taille de nos économies et le degré d'interdépendance, le « découplage » ou la « fermeture de la porte » n'est ni raisonnable ni réaliste pour la Chine et les Etats-Unis. Se découpler de l'économie chinoise reviendrait à rompre avec les opportunités et l'avenir, et nous pensons que les Etats-Unis en sont parfaitement conscients.

L'ouverture et l'intégration sont la bonne voie à suivre. La Chine s'ouvre davantage à tous les pays, y compris les Etats-Unis. Dans le même temps, nous espérons que les Etats-Unis garderont leurs portes grandes ouvertes à la Chine et réduiront les restrictions déraisonnables. Ceci répondra aux intérêts des deux pays et aux attentes du monde.

Q : La Chine recherche des représailles contre les Etats-Unis pour non-respect de la décision de l'OMC. Pensez-vous que cela affectera les négociations commerciales en cours entre la Chine et les Etats-Unis?

R : Veuillez vous informer auprès des départements compétents sur votre question.

Q : Le fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, a déclaré hier que sa société avait remarqué que la Russie, l'Iran et la Chine avaient tenté de s'immiscer dans les élections présidentielles américaines qui se tiendront l'année prochaine. Quel est votre commentaire à ce propos ?

R : Ce n'est pas la première fois que quelqu'un accuse la Chine de s'immiscer dans les élections présidentielles américaines. Une telle accusation est absurde et ridicule.

La Chine poursuit le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures d'autres pays. Nous n'avons aucun intérêt à nous immiscer dans les affaires intérieures d'autres pays, y compris les élections présidentielles aux Etats-Unis. Ceux qui accusent la Chine d'une telle ingérence doivent présenter des preuves.

Q : Hier, selon CNN et d'autres médias américains, un spécialiste australien a découvert que Ron Vara, expert connu comme intransigeant envers la Chine et cité pour critiquer la Chine dans des ouvrages du directeur du Conseil national du commerce de la Maison-Blanche, Peter Navarro, était en fait une figure fabriquée. M. Navarro a reconnu que cet « expert » n'était pas réel, affirmant que « quelqu'un a enfin découvert une blague qui se cache depuis des années ». Avez-vous des commentaires à faire à ce sujet ?

R : Je pense que vous, mes amis chinois et étrangers de la presse, avez peut-être lu les reportages des médias.

Franchement, cette nouvelle a suscité de fortes réactions et une stupéfaction générale au sein de la communauté internationale. A un certain niveau, cela montre que, par intention cachée personnelle ou politique, certaines personnes aux Etats-Unis peuvent faire tout ce qui est en leur pouvoir pour contenir et discréditer la Chine sans scrupule. Il est absurde et extrêmement dangereux de mentir, de propager des mensonges, et même d'élaborer des politiques fondées sur des mensonges. De tels actes menacent et sapent les relations et l'ordre internationaux normaux, et finiront par nuire aux intérêts des Etats-Unis sur le long terme.

Malheureusement, cependant, nous avons entendu certaines personnes aux Etats-Unis le reconnaître : « Nous avons menti, nous avons triché, nous avons volé. C'est la gloire de l'expérience américaine. » Nous avons constaté que les Etats-Unis avaient forgé des mensonges pour provoquer des guerres en Irak et en Syrie. Et maintenant, ils continuent d'inventer des mensonges sur des questions concernant le Xinjiang, Hong Kong, Huawei et ses technologies 5G, l'initiative « la Ceinture et la Route » et la prétendue « ingérence de la Chine dans les élections présidentielles américaines » mentionnée par le journaliste russe plus tôt.

Il est nécessaire que l'on établisse des limites dans son comportement. Nous espérons que certaines personnes aux Etats-Unis reviendront à la raison le plus tôt possible. Nous espérons également que la communauté internationale, y compris vous, mes amis journalistes, en tirera la leçon et examinera attentivement les idées et les allégations que certaines personnes aux Etats-Unis disséminent si désespérément dans leur propagande.

Q : La Chine a-t-elle félicité Justin Trudeau pour le résultat des élections canadiennes ?

R : Nous avons pris note du résultat des élections au Canada et nous ne le commentons pas, car c'est une affaire intérieure du Canada.

Q : Le vice-président Wang Qishan a assisté à la cérémonie d'intronisation du nouvel empereur japonais aujourd'hui. Quel est le commentaire de la Chine à ce propos ?

R : Le Vice-président Wang a participé à la cérémonie d'intronisation de l'empereur Naruhito en tant qu'envoyé spécial du Président Xi, et a effectué une visite amicale au Japon. Durant sa visite, il rencontrera également les dirigeants japonais et les personnalités de divers milieux. A travers sa visite, nous espérons que nos deux pays maintiendront la dynamique des échanges de haut niveau, promouvront les échanges et la coopération pragmatique dans divers domaines et feront progresser les relations sino-japonaises sur la bonne voie.

Q : Une question sur la Turquie : le Secrétaire d'Etat américain Pompeo a déclaré hier que le Président Trump était tout à fait prêt à ordonner une opération militaire américaine contre la Turquie, si nécessaire. Dans le contexte de la crise au Moyen-Orient, d'après vous, comment cela affectera-t-il la situation ?

R : Tout le monde suit de près la situation actuelle au Moyen-Orient. Nous avons appelé la Turquie à plusieurs reprises à mettre fin à son opération militaire. Nous espérons que toutes les parties formeront une synergie pour lutter contre le terrorisme, faire avancer le processus de règlement politique de la question syrienne et préserver conjointement la paix et la tranquillité dans la région.

Q : Quelles sont les attentes de la Chine par rapport au nouvel empereur du Japon ?

R : Nous espérons que les relations sino-japonaises se porteront de mieux en mieux.

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