Conférence de presse du 31 octobre 2019 tenue par le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Geng Shuang
2019/10/31

Q : Selon les médias pakistanais, un haut diplomate chinois a fait savoir que la Chine s'opposait à l'inscription du Pakistan sur la liste noire du groupe d'action financière (GAFI). Est-ce la position de principe de la Chine ? La Chine aura-t-elle la même position si le Pakistan ne prend pas les mesures nécessaires avant février 2020 ?

R : Le GAFI est une plate-forme importante de coopération internationale dans la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme. Il a pour mission et objectif d'aider les pays à mieux lutter contre des activités illégales telles que le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, et de prévenir les abus du système financier international, plutôt que de sanctionner ou de punir un pays.

Récemment, la session plénière du GAFI a décidé de maintenir la notation du Pakistan, ce qui traduit la reconnaissance générale par les membres du GAFI des progrès accomplis par le Pakistan dans l'amélioration du système de lutte contre le financement du terrorisme et l'encouragement du Pakistan à poursuivre ses efforts. Cela est conforme à la mission et à l'objectif du GAFI consistant à aider les pays à combattre le financement du terrorisme et à maintenir la sécurité du système financier international.

La Chine soutient le Pakistan dans ses efforts pour améliorer son système de lutte contre le financement du terrorisme et travaillera avec les autres membres du GAFI afin d'apporter un soutien et une assistance plus constructifs au Pakistan.

Q : Le 30 octobre, le Président chilien Piñera a déclaré dans un discours télévisé qu'en raison de protestations incessantes, le Chili avait décidé d'annuler sa présidence de la prochaine réunion des dirigeants des entités économiques de l'APEC au Chili. La Chine a-t-elle des commentaires à faire à ce sujet ? Comment la Chine évalue-t-elle le mécanisme de l'APEC ? Quel rôle la Chine va-t-elle jouer ?

R : Je pense que vous devez avoir tous remarqué que le Chili a annoncé l'annulation de sa présidence de la réunion des dirigeants des entités économiques de l'APEC prévue pour novembre. La Chine comprend et respecte la décision du Chili, et nous avons la certitude que le gouvernement et le peuple chiliens ont la capacité de maintenir la stabilité nationale et la paix sociale et de rétablir rapidement l'ordre dans leur pays.

En tant que pays hôte de la réunion des dirigeants des entités économiques de l'APEC de cette année, le Chili a déployé de grands efforts pour préparer cet événement et faire progresser la coopération dans le cadre de l'APEC dans bon nombre de domaines clés. La Chine en exprime sa haute appréciation.

En tant que plate-forme de coopération économique importante dans la région Asie-Pacifique, l'APEC a apporté une importante contribution à la promotion du développement économique et de l'amélioration des conditions de vie des populations de la région. La Chine, attachant une grande importance à l'APEC, participe en profondeur à la coopération de l'APEC dans différents domaines et a fait des efforts et une contribution substantiels. La coopération dans le cadre de l'APEC fait face tant à des opportunités qu'à des défis. La Chine est prête à coopérer avec les autres parties, dans le respect de l'esprit du partenariat Asie-Pacifique et des principes et objectifs de coopération de l'APEC, pour maintenir le bon cap de la coopération Asie-Pacifique et faire valoir ensemble le rôle important de l'APEC dans la coopération économique de la région Asie-Pacifique et du monde.

Q : L'annulation du sommet de l'APEC au Chili aura-t-elle des conséquences sur l'avancement des consultations économiques et commerciales entre les États-Unis et la Chine ? Y a-t-il une chance que Donald Trump vienne signer un accord en Chine ?

R : Vous avez peut-être noté que le porte-parole du Ministère chinois du Commerce a réagi à ce sujet ce matin.

Je tiens à réitérer que, en ce qui concerne les problèmes économiques et commerciaux entre la Chine et les États-Unis, les deux parties ont toujours maintenu une communication étroite. Elles ont tenu, les 10 et 11 octobre, le 13e cycle de consultations économiques et commerciales de haut niveau. Les chefs des deux équipes ont eu un entretien téléphonique le 25 octobre et en auront un autre ce vendredi. Les consultations progressent dans d'heureuses conditions et les deux parties poursuivront leurs travaux comme prévu. Comme nous l'avons dit, la Chine espère que les deux parties trouveront un moyen de résoudre les problèmes économiques et commerciaux sur la base du respect mutuel, de l'égalité et des avantages mutuels.

Quant à une rencontre entre les deux Chefs d'État, soit la question qui vous préoccupe, je peux vous dire qu'ils restent en communication par divers moyens.

Q : Le gouvernement indien a créé aujourd'hui le Territoire de l'union du Jammu-et-Cachemire et le Territoire de l'union du Ladakh à la suite de la mise en application de la Loi de réorganisation du Jammu-et-Cachemire. Les cérémonies d'investiture des sous-gouverneurs des deux territoires de l'union ont eu lieu respectivement à Srinagar et à Leh. Quel est le commentaire chinois à ce sujet ?

R : Le soi-disant « Territoire de l'union du Jammu-et-Cachemire » et le « Territoire de l'union du Ladakh » officiellement proclamés par le gouvernement indien ont placé une partie du territoire chinois sous la juridiction administrative de l'Inde. La partie chinoise a exprimé son vif mécontentement et sa ferme opposition à ce sujet. La partie indienne lance un défi aux droits et intérêts souverains de la Chine en modifiant unilatéralement la législation interne et la division administrative. Cette pratique est illégale, nulle et non avenue. Elle ne changera pas le fait que la région concernée est sous le contrôle réel de la Chine, et elle ne produira aucun effet.

Nous exhortons l'Inde à respecter la souveraineté territoriale de la Chine, à observer scrupuleusement les accords bilatéraux et à préserver la paix et la tranquillité dans la région frontalière par des actions concrètes pour créer les conditions en vue d'un règlement approprié du problème frontalier entre les deux pays.

La position de la Chine sur la question du Cachemire est constante et claire. Le litige a été légué par l'histoire et doit être résolu de manière appropriée et pacifique, conformément à la Charte des Nations Unies, aux résolutions concernées du Conseil de Sécurité et aux accords bilatéraux. Les parties concernées devraient résoudre le litige par le dialogue et la consultation afin de maintenir la paix et la stabilité dans la région.

Q : Le Secrétaire d'État américain Michael Pompeo a prononcé un discours à l'Institut Hudson de New York le 30 octobre, affirmant que le Parti communiste chinois, hostile aux États-Unis et aux valeurs américaines, a lancé des défis aux États-Unis et au monde entier. Quel est le commentaire chinois à ce sujet ?

R : Dans son discours, Pompeo a attaqué avec malveillance le Parti communiste chinois (PCC) et le gouvernement chinois, semé la discorde entre le PCC et le peuple chinois et déformé et calomnié délibérément la politique intérieure et extérieure de la Chine, ce qui a mis au jour les préjugés politiques profondément enracinés et la sombre mentalité anticommuniste d'une poignée de politiciens américains. De telles remarques ne sont en aucun cas une incarnation de la confiance et de la force, mais révèlent plutôt la peur et l'arrogance.

Sous la direction du PCC, la Chine a accompli des réalisations remarquables et gagné un plus grand nombre d'amis dans le monde pendant les sept dernières décennies depuis la fondation de la République populaire de Chine. Le peuple chinois poursuivra résolument la voie du socialisme à la chinoise et réalisera de nouveaux exploits. Le mal ne peut vaincre le bien. Toute tentative visant à diffamer la Chine et à entraver son développement régulier est vaine et vouée à l'échec.

Le passé et la réalité ont bel et bien prouvé que la coopération entre la Chine et les États-Unis profite à chacune des deux parties et que l'affrontement nuit à l'une comme à l'autre partie, et que le respect mutuel et la recherche d'un terrain d'entente par-delà les divergences sont la bonne approche pour la bonne entente entre les pays. Nous exhortons les responsables américains à faire un examen de conscience et à corriger leurs actes erronés, à cesser leurs propos et actes nuisant aux relations sino-américaines. Ils devraient, en agissant dans le même sens que la Chine et conformément aux principes et à l'orientation définis par les deux Chefs d'État, gérer les divergences sur la base du respect mutuel, élargir la coopération fondée sur les avantages réciproques et faire progresser ensemble les relations sino-américaines marquées par la coordination, la coopération et la stabilité.

Q : L'Orchestre de Moranbong de la RPDC viendra en tournée dans 11 villes chinoises en décembre. Quel est le commentaire chinois à ce sujet ? Une rencontre entre les dirigeants chinois et nord-coréen est-elle prévue cette année ?

R : Je ne suis pas au courant de ce que vous dites. Je ferai des vérifications après notre conférence de presse. Je peux vous dire que la Chine et la RPDC entretiennent des échanges et une coopération normaux à différents niveaux et dans différents domaines.

Q : Selon des reportages, près de 80 experts japonais ont publié une déclaration collective sur la détention en Chine d'un professeur de l'Université de Hokkaido, exprimant leurs profondes préoccupations et exhortant la Chine à révéler des détails. Ils ont affirmé que la Chine avait arrêté le professeur sans laisser connaître aucun contexte ni aucune raison, ce qui est inacceptable pour la communauté internationale et nuira inévitablement à l'image de la Chine et provoquera la méfiance internationale à l'encontre de la Chine. Ils ont déclaré qu'ils annuleraient leur visite en Chine, car ce que la Chine a fait a eu des conséquences fâcheuses sur les échanges académiques sino-japonais, alors que les échanges et la coopération entre les deux pays se multiplient. Comment la Chine réagit-elle à cet égard ?

R : Qui a publié la déclaration que vous avez mentionnée ?

Journaliste : Des chercheurs japonais.

R : Savez-vous qui ils sont ?

Journaliste : Oui, je connais seulement leurs noms japonais. Ce sont des chercheurs spécialisés dans les relations entre le Japon et la Chine.

R : Je n'ai pas encore lu la déclaration que vous avez évoquée et j'y prêterai attention après la conférence de presse. Mais je voudrais faire deux remarques. Premièrement, il est possible que les chercheurs japonais ayant fait la déclaration ne connaissent pas la réalité de cette affaire. Deuxièmement, ils ont peut-être parlé avec exagération et se sont fait trop de soucis. Les canaux d'échange entre la Chine et la communauté internationale, y compris le Japon, sont tout à fait ouverts et efficaces. Ils ne seront pas affectés par un ou deux cas isolés.

En ce qui concerne l'affaire du professeur de l'Université de Hokkaido, comme l'a dit ma collègue dans cette enceinte, la Chine traite en vertu de la loi les affaires impliquant des citoyens étrangers qui ont enfreint la loi chinoise. Conformément à l'Accord sur les relations consulaires entre la Chine et le Japon, la partie chinoise a accordé l'aide nécessaire à la partie japonaise pour s'acquitter de ses obligations consulaires. Vous pouvez vérifier cela si vous le souhaitez. Nous espérons que la partie japonaise rappellera à ses citoyens en Chine de se conformer aux lois et règlements chinois et de ne mener aucune activité illégale.

Notre porte est grand ouverte. Les chercheurs et les touristes des autres pays, y compris du Japon, sont les bienvenus en Chine, mais à condition de respecter les lois et réglementations chinoises. Les activités illégales et criminelles seront sans aucun doute traitées conformément à la loi.

Q : Premièrement, selon des reportages, Song Xinning, directeur de l'Institut Confucius en Belgique, suspecté d'espionnage, s'est vu refuser un visa dernièrement et ne pourra pas entrer dans l'espace Schengen pendant huit ans. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ? Deuxièmement, avez-vous connaissance d'autres cas de refus de visas concernant des professeurs ou des employés d'autres Instituts Confucius pour espionnage ?

R : J'ai noté dans les médias le cas isolé dont vous avez parlé et nous nous sommes renseignés spécialement auprès du département compétent.

Selon ce que j'ai appris, M. Song Xinning est professeur à la faculté des relations internationales de l'Université du Peuple de Chine et expert en études sur l'Europe. En 2010, il s'est vu attribuer une chaire Jean Monnet par la Commission européenne. En avril 2016, le professeur Song, sélectionné par l'Université du Peuple de Chine, a été nommé directeur chinois de l'Institut Confucius à la Vrije Universiteit Brussel. Le 31 juillet 2019, il est rentré en Chine après la fin de son mandat en Belgique.

Récemment, un média belge a rapporté que le professeur Song Xinning avait recruté des espions dans les milieux d'affaires et universitaires chinois en Belgique. Cela est complètement faux et a des desseins inavouables. Nous nous opposons résolument à cet acte qui entrave les échanges normaux et les projets de coopération éducative. Pour autant que je sache, le professeur Song Xinning a adressé une lettre au journaliste qui a réalisé le reportage, protestant contre ce faux reportage, et a confié le soin à un avocat belge de faire appel de la décision, en demandant à la partie belge de produire des pièces à conviction. Nous attendons un jugement équitable rendu par la cour.

Quant à votre deuxième question, je ne suis pas au courant des détails concrets. Je peux vous dire que les Instituts Confucius jouent un rôle important en tant que vitrines permettant au monde de connaître la Chine. Ils ont pour objectif d'aider les populations des différents pays à apprendre la langue chinoise, à connaître la Chine, à promouvoir les échanges et la coopération éducatifs et culturels avec la Chine, ainsi qu'à renforcer la compréhension mutuelle et l'amitié entre la Chine et les autres pays. Depuis un certain temps, certains médias, des médias occidentaux en particulier, ont fait des reportages fictifs et déformants sur les Instituts Confucius, notamment des articles sur de soi-disant activités d'espionnage. Ils ont tous été attestés comme étant infondés. Nous espérons que les parties concernées envisageront les Instituts Confucius à partir des faits plutôt que sur des interprétations subjectives, et cesseront de diffamer les Instituts Confucius en leur portant préjudice.

Q : Selon des médias pakistanais, un haut responsable du Ministère chinois des Affaires étrangères a déclaré qu'il existait un déficit de confiance entre la Chine et l'Inde, contrairement aux relations entre la Chine et le Pakistan. Accepteriez-vous ce point de vue dans le contexte de la tenue de la récente rencontre informelle entre le Président Xi Jinping et le Premier Ministre Modi à Chennai ?

R : En ce qui concerne la rencontre informelle entre le Président Xi et le Premier Ministre Modi à Chennai, les deux parties ont publié des communiqués de presse. La rencontre a été une grande réussite. Les deux dirigeants ont eu un échange de vues approfondi sur les questions internationales et régionales de caractère global, stratégique et à long terme dans une atmosphère très amicale et ont convenu de former un partenariat de développement encore plus étroit entre les deux pays.

Les deux dirigeants ont également prévu d'approfondir la coopération dans différents secteurs, notamment dans le domaine socioculturel. Des progrès rapides ont été accomplis dans ce domaine ces dernières années, avec des résultats encourageants. Dans le cadre du mécanisme d'échanges socioculturels de haut niveau, les départements concernés des deux côtés ont mené des projets de coopération qui ont donné des résultats fructueux. Cela revêt une signification extraordinaire pour promouvoir la compréhension mutuelle et renforcer la confiance mutuelle entre les deux peuples. Nous sommes prêts à travailler avec la partie indienne dans le cadre de ce mécanisme pour consolider sans discontinuer la base populaire et culturelle des relations bilatérales.

Vous venez d'évoquer le Pakistan. Il est le partenaire de coopération stratégique à toute épreuve de la Chine. L'amitié sino-pakistanaise est indéfectible.

Q : DJI, un fabricant chinois de drones, a déclaré que le Département américain de la Sécurité intérieure a interdit tous les drones fabriqués en Chine ou utilisant des accessoires fabriqués en Chine, sauf à des fins urgentes. Dans le même temps, il a été rapporté que cela impliquerait tous les drones ou accessoires de drones fabriqués en Chine. Êtes-vous au courant de cela ? Quel est votre commentaire à ce sujet ?

R : J'ai lu le reportage en question juste avant la conférence de presse et j'ai besoin de faire des vérifications pour avoir des informations plus précises.

Je peux vous donner une réponse de principe. Nous espérons que les États-Unis abandonneront leur mentalité obsolète de la guerre froide et leur idée de jeu à somme nulle, cesseront d'abuser du concept de sécurité nationale, cesseront de faire du tapage autour de la « menace chinoise », et cesseront leur oppression des entreprises chinoises sans raison. Nous espérons que la partie américaine créera un environnement juste, équitable et non discriminatoire pour les entreprises chinoises qui mènent des opérations normales aux États-Unis. Dans le même temps, nous encourageons toujours les entreprises chinoises à respecter les règles internationales et les lois et réglementations des pays d'accueil dans leur développement à l'étranger.

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