Conférence de presse du 6 novembre 2019 tenue par le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Geng Shuang
2019/11/06

Q : La session plénière de la 74e Assemblée générale des Nations Unies qui se tiendra demain va voter le projet de résolution présenté par Cuba visant à mettre fin au blocus américain. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?

R : L'Assemblée générale des Nations Unies a adopté à une majorité écrasante, pendant 27 années consécutives, des résolutions sur l'« obligation de lever le blocus économique, commercial et financier imposé à Cuba par les États-Unis », exhortant tous les pays, en se conformant à la Charte des Nations Unies et aux normes du droit international, à annuler ou supprimer toute forme d'« extraterritorialité », de lois et mesures affectant les droits souverains d'autres pays et les droits et intérêts légitimes des entités et des individus relevant de leur juridiction, ainsi que leur liberté de commerce et de navigation. Malheureusement, ces résolutions n'ont pas été appliquées efficacement au fil des ans et l'embargo américain contre Cuba se poursuit et tend à s'intensifier ces derniers temps.

La Chine respecte le droit de tous les pays de choisir de manière indépendante leur système social et leur voie de développement. Elle préserve l'ordre international fondé sur le droit international, défend l'équité et la justice internationales et s'oppose aux sanctions unilatérales par des moyens militaires, politiques, économiques et autres. La Chine soutient ce projet de résolution présenté par Cuba et adoptera la même position que la plupart des États membres.

La Chine exhorte les États-Unis à lever leur embargo sur Cuba de manière complète et dans les meilleurs délais, ce qui est également une revendication de la communauté internationale. Nous espérons que les États-Unis développeront des relations interétatiques normales avec Cuba conformément aux buts et principes de la Charte des Nations Unies et aux normes fondamentales régissant les relations internationales. Cela est conforme à l'intérêt commun des peuples américain et cubain et contribuera à la paix et à la stabilité dans le continent américain.

Q : Le Premier Ministre canadien a déclaré que le gouvernement chinois avait autorisé la reprise de l'importation de viande de porc et de bœuf depuis le Canada. Pouvez-vous confirmer cette information ?

R : En juin 2019, nous avons découvert que le système canadien de délivrance de certificats d'exportation de produits carnés comportait des failles évidentes en matière de sécurité et que la sécurité des produits carnés canadiens exportés en Chine ne pouvait être garantie. Compte tenu de cela, nous avons demandé à la partie canadienne de suspendre la délivrance de certificats sanitaires pour les produits carnés exportés vers la Chine à partir du 25 juin, afin d'enquêter sur les affaires concernées et d'adopter les mesures de remise en ordre.

Les douanes chinoises et l'autorité compétente canadienne, en communication étroite à ce sujet, travaillent pour trouver une solution. Récemment, le Canada a proposé un plan d'action comme mesure de remise en ordre pour la délivrance et la transmission des certificats. Après une évaluation, nous estimons que ce plan répondra pour l'essentiel aux exigences de sécurité et nous avons accepté la reprise de la réception des certificats sanitaires délivrés par les autorités canadiennes pour les produits carnés exportés vers la Chine.

Nous espérons que le Canada assumera sérieusement sa responsabilité en matière de sécurité sanitaire des aliments, garantira la sécurité de ses produits carnés exportés vers la Chine et assurera les échanges commerciaux dans d'heureuses conditions.

Q : Le Président Xi Jinping et le Président français Emmanuel Macron se sont entretenus aujourd'hui à Beijing et ont assisté à la signature d'une déclaration commune relative à l'accomplissement des négociations d'un accord sur les indications géographiques entre la Chine et l'UE. Pouvez-vous nous en dire plus sur les « indications géographiques » et sur l'importance de la fin des négociations ?

R : Ce matin, le Président Xi Jinping s'est entretenu avec le Président Emmanuel Macron, actuellement en visite d'État en Chine. Après leur entretien, les deux dirigeants ont assisté à la signature d'une série de documents finaux, notamment la déclaration commune sur l'accomplissement des négociations d'un accord relatif aux indications géographiques entre la Chine et l'UE.

Étant donné que les « indications géographiques » dont vous avez parlé sont extrêmement particulières et techniques, je vous conseille de vous renseigner auprès du département compétent pour avoir une réponse complète. Je peux vous dire brièvement que les « indications géographiques » (IG), considérées comme un droit de propriété intellectuelle, sont un signe important utilisé sur des produits ayant une origine géographique spécifique.

La Chine et l'UE ont toutes deux une longue histoire et une riche variété de produits comportant une IG. Dans le troisième document politique de la Chine à l'égard de l'UE publié en décembre 2018, il a été indiqué que la Chine renforcerait encore la communication et la coopération en matière de droits de propriété intellectuelle avec l'UE et soutiendrait la conclusion rapide de l'Accord sino-européen sur les indications géographiques.

L'Accord sino-européen sur les indications géographiques est le premier accord bilatéral global et de haut niveau conclu entre la Chine et l'étranger. Cela montre à quel point la Chine attache une grande importance à ses relations économiques et commerciales avec l'UE. La conclusion de l'accord illustre pleinement la détermination du gouvernement chinois à approfondir la réforme, à élargir l'ouverture et à protéger les droits de propriété intellectuelle. L'accomplissement des négociations sur cet accord contribuera à approfondir la coopération mutuellement avantageuse entre les deux parties, à consolider le partenariat stratégique global Chine-UE et à renforcer la confiance politique mutuelle Chine-UE.

La Chine entend travailler de concert avec l'UE pour défendre conjointement le système de commerce multilatéral régi par les règles pour créer une économie mondiale ouverte. Dans un esprit de respect mutuel, d'équité, de justice et de coopération gagnant-gagnant, nous veillerons à promouvoir un plus grand progrès du partenariat stratégique global Chine-UE, le développement socio-économique des deux parties et le bien-être de leurs populations.

Q : Une question sur les importations canadiennes de viande de porc et de bœuf. Avez-vous des informations sur le moment exact où la décision a été prise par la partie chinoise ?

R : Les informations contenues dans ma réponse précédente ont été fournies par le département compétent. Vous devriez vous renseigner auprès de lui pour plus de détails.

Q : Le Secrétaire d'État américain Mike Pompeo a fait hier des critiques encore plus sévères sur le traitement réservé par la Chine aux Ouïghours, affirmant que la Chine menace les membres des familles des survivants ayant été en garde à vue dans les « camps de détention » au Xinjiang. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?

R : Je tiens à souligner que les soi-disant « camps de détention » évoqués par M. Pompeo n'existent pas au Xinjiang. Sous le prétexte des droits de l'homme, les États-Unis ont une fois de plus diffamé la politique de la Chine dans le Xinjiang et formulé des remarques sans aucun fondement et déformant les faits. La Chine exprime son vif mécontentement et son opposition ferme à cet égard.

Comme nous l'avons dit à plusieurs reprises, les affaires du Xinjiang sont purement des affaires intérieures de la Chine. Les questions liées au Xinjiang n'ont rien à voir avec l'ethnie, la religion ou les droits de l'homme, mais concernent la lutte contre le terrorisme et le séparatisme. Au lieu de réagir au terrorisme par le déclenchement d'une guerre, la Chine a aidé ceux qui sont influencés par les idées radicales et terroristes à réintégrer la société et à mener une vie normale, en ayant recours à l'enseignement et la formation, conformément à la législation et aux réglementations. Région victime du terrorisme par le passé, le Xinjiang n'a pas connu un seul cas de terrorisme depuis près de trois ans. C'est la meilleure illustration du respect des droits de l'homme. Un millier de diplomates étrangers, de responsables d'organisations internationales et de représentants des médias se sont rendus au Xinjiang et ont pu y constater de leurs propres yeux les réalisations remarquables dans le domaine de la lutte préventive antiterroriste et de la déradicalisation.

Nous espérons que certains politiciens américains cesseront d'observer les choses sous une optique tendancieuse, abandonneront la pratique de « deux poids deux mesures », arrêteront d'attaquer la Chine en utilisant des questions liées au Xinjiang et travailleront davantage à la confiance mutuelle et à la coopération entre la Chine et les États-Unis.

Q : En ce qui concerne la reprise de l'importation de produits carnés en provenance du Canada, est-ce un signe que l'importation d'autres produits agricoles comme les graines de colza pourrait être bientôt à nouveau autorisée par la Chine ? Et est-ce un signe que les relations sino-canadiennes se sont améliorées ?

R : Nous avons répondu à des questions sur les exportations canadiennes de graines de colza en Chine lors de conférences de presse précédentes. Les départements compétents chinois ont découvert des problèmes dans des contrôles conventionnels de quarantaine et nous avons pris des mesures pour ces produits importés.

J'ai aussi parlé des produits à base de viande tout à l'heure. Le système canadien de délivrance des certificats présentait des failles ; maintenant, il peut répondre à la demande chinoise après des rectifications. C'est pourquoi la partie chinoise a accepté de reprendre l'importation de produits carnés canadiens.

Ici, je tiens à souligner que la Chine constate que la partie canadienne a pu corriger ses erreurs concernant l'importation de produits carnés.

Je dois encore dire que si des difficultés sont survenues dans les relations sino-canadiennes, la responsabilité n'incombe pas à la Chine. Nous exhortons le nouveau gouvernement canadien à prendre sérieusement en considération la position solennelle et les préoccupations de la Chine, à libérer immédiatement Mme Meng Wanzhou et assurer son retour sain et sauf en Chine, et à ramener rapidement les relations sino-canadiennes sur la bonne voie par des actions concrètes.

Q : Le Président iranien Rouhani a annoncé le 5 novembre qu'à partir du 6 novembre, l'Iran commencerait à injecter du gaz hexafluorure d'uranium dans 1 044 centrifugeuses à Fordow, dans le cadre d'une mesure relative à la quatrième étape de réduction des engagements nucléaires de l'Iran vis-à-vis du JCPOA. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?

R : Nous avons pris note de la déclaration du Président Rouhani. L'Iran a également souligné que toutes ses mesures étaient réversibles et surveillées par l'AIEA.

La Chine estime toujours que les États-Unis devraient renoncer à leur pratique erronée de sanctions unilatérales et de pressions maximales contre l'Iran, ce qui constituerait le moyen fondamental de résoudre la crise nucléaire iranienne actuelle. Dans le même temps, les parties au JCPOA, y compris l'Iran, doivent faire preuve de retenue, mettre en œuvre le JCPOA de manière intégrale et efficace et s'abstenir de prendre des mesures pouvant compliquer encore la situation.

Nous espérons que les parties concernées pourront déployer des efforts dans le même sens, intensifier leurs efforts diplomatiques, rechercher une solution à long terme et œuvrer à la détente de la question nucléaire iranienne. La Chine poursuivra ses efforts dans ce sens.

Q : Une réunion du mécanisme de coopération régionale en matière de sécurité entre la Chine et l'Afghanistan s'est tenue à Beijing la semaine dernière. Pouvez-vous nous présenter des détails de cette réunion ?

R : Le 1er novembre, le commissaire à la sécurité extérieure du Ministère chinois des Affaires étrangères, Cheng Guoping, et le premier conseiller adjoint du Conseil de sécurité nationale de l'Afghanistan, Atiqullah Noshir, ont coprésidé la troisième réunion du mécanisme de coopération interministériel et interrégional entre la Chine et l'Afghanistan. Les deux parties ont échangé leurs points de vue sur la situation antiterroriste et sécuritaire sur le plan international et régional, et sur la coopération sino-afghane dans ce domaine.

Le terrorisme est un ennemi public de toute l'humanité. Face aux menaces et aux défis terroristes de plus en plus graves, la Chine est prête à renforcer sa coopération avec l'Afghanistan, le Pakistan et d'autres pays concernés, afin de défendre conjointement la sécurité et la stabilité de la région et du monde entier.

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