LA PAIX ET LE DÉVELOPPEMENT POUR TOUS
2017/09/22

- Intervention de Monsieur Wang Yi
Ministre des Affaires étrangères
de la République populaire de Chine
au débat général de la 72e session
de l'Assemblée générale des Nations Unies

(22 septembre 2017)

Monsieur le Président,
Monsieur le Secrétaire général,
Chers Collègues,

Le thème de la présente session de l'Assemblée générale des Nations Unies « Priorité à l'être humain, paix et vie décente pour tous sur une planète préservée » revêt une signification importante.

L'Organisation des Nations Unies a apporté, dans le passé, une contribution remarquable à la cause de la paix et du développement de l'humanité.

L'ONU assume la mission de maintenir la paix. En mettant en place un mécanisme de sécurité collective, en désamorçant des crises régionales et en déployant des forces de maintien de la paix, elle a permis à l'humanité d'éviter des guerres de grande ampleur et de jouir d'une paix relative depuis plus de 70 ans.

L'ONU poursuit l'objectif de promouvoir le développement. En élaborant des programmes de développement mondial et en mobilisant des ressources à travers le monde, elle a aidé un grand nombre de pays en développement à s'engager sur une voie de développement rapide et des milliards de personnes à avancer vers la modernité.

Monsieur le Président,
Chers Collègues,

Les idéaux des Nations Unies ne sont pas encore réalisés, tous les pays doivent poursuivre leurs efforts.

L'époque que nous vivons est marquée par la tendance profonde d'un monde multipolaire, la montée en puissance collective des pays émergents et en développement, la progression continue de la mondialisation et de l'informatisation, un développement prodigieux de la nouvelle révolution technico-scientifique et la présence d'opportunités inédites pour réaliser un développement et une prospérité plus grands de l'humanité.

Dans le monde où nous vivons, l'échiquier mondial et les rapports de force internationaux connaissent des mutations profondes, les menaces conventionnelles et non conventionnelles se posent avec acuité, la croissance mondiale s'essouffle, le mouvement contre la mondialisation se propage et les défis à la paix et au développement durables sont sans précédent.

Nous voilà de nouveau à la croisée des chemins. Il nous faut faire de bons choix entre la paix et la guerre, l'ouverture et le repli sur soi, l'unité et la division.

Il y a deux ans, à cette tribune, le Président chinois Xi Jinping a appelé à « établir un nouveau modèle de relations internationales axé sur la coopération gagnant-gagnant » et à « créer une communauté de destin pour l'humanité ». Il s'agit là d'une vision majeure avancée par le Président Xi Jinping sur la base d'une analyse perspicace des grandes tendances du monde, et de la réponse apportée par la Chine à la question de savoir vers où se dirige la société humaine. Cette vision, inscrite dans la droite ligne des buts des Nations Unies et hautement convergente avec les aspirations des États membres, bénéficie d'une compréhension et d'un soutien larges de la communauté internationale et devient un objectif de notre action commune.

Monsieur le Président,
Chers Collègues,

Pour assurer la paix, le développement et la dignité pour tous, il faut redynamiser l'esprit de l'ONU et relancer son action.

- L'ONU doit être un garant de la paix mondiale. Maintenir la paix et la sécurité est au cœur des buts de la Charte des Nations Unies et la première priorité de l'ONU. Les Nations Unies doivent encourager les différentes parties à « vivre en paix l'une avec l'autre dans un esprit de bon voisinage » et à instaurer une sécurité commune, intégrée, coopérative et durable.

Les cinq membres permanents du Conseil de Sécurité doivent jouer un rôle exemplaire en rejetant le conflit et la confrontation et en restant attachés au respect mutuel et à la coopération gagnant-gagnant. Les États membres des Nations Unies doivent se traiter sur un pied d'égalité et privilégier le dialogue et le partenariat plutôt que la confrontation et l'alliance. Dans les relations interétatiques, il faut faire prévaloir l'honnêteté et la justice, rechercher un terrain d'entente par-delà les divergences et résoudre les différends par des moyens pacifiques et raisonnables.

La lutte contre le terrorisme nécessite une approche intégrée qui s'attaque tant à ses manifestations qu'à ses racines. Elle doit être conduite dans le respect de la loi, en rejetant le « deux poids deux mesures » et l'amalgame entre le terrorisme et une religion ou ethnie particulières. L'ONU doit coordonner les efforts en faveur d'un front uni contre le terrorisme.

La solution fondamentale aux points chauds passe par des moyens politiques. Les parties aux conflits doivent privilégier le dialogue et la négociation. La communauté internationale doit adopter une position objective et impartiale, et faciliter la réconciliation et la paix plutôt que de semer la discorde ou le trouble. L'ONU doit jouer un rôle central dans la prévention des conflits et renforcer les efforts de bons offices et de médiation politiques en tirant pleinement parti du Chapitre VI de la Charte des Nations Unies.

On constate déjà une lueur d'espoir pour le règlement politique de la crise syrienne. Il faut mettre pleinement à profit les canaux de Genève et d'Astana et pousser le gouvernement syrien et l'opposition à engager des négociations directes et substantielles. Il convient d'œuvrer en même temps à la cessation des hostilités, à l'aide humanitaire et à la reconstruction post-conflit pour consolider la confiance des différentes parties dans la recherche de la paix.

La question de Palestine figure à l'ordre du jour de l'ONU depuis déjà 70 ans. La communauté internationale doit au peuple palestinien une justice trop longtemps attendue. Il faut mettre fin le plus vite possible aux activités de colonisation sur les territoires occupés et à toutes les violences contre les civils. Il faut travailler d'arrache-pied à faire progresser le règlement politique basé sur la « solution à deux États » et relancer rapidement les négociations de paix. Et au-delà, il faut promouvoir la paix par le développement et accompagner les peuples de la région dans la consolidation des fondements de la paix.

La situation dans la Péninsule coréenne est au cœur de l'attention de la communauté internationale. Il y a deux jours, c'était le 12e anniversaire de l'adoption par les Pourparlers à Six de la Déclaration conjointe du 19 septembre. Il y a 12 ans, sous la présidence chinoise et grâce aux efforts communs de la Chine, des États-Unis, de la Russie, de la RPDC, de la République de Corée et du Japon, les deux protagonistes, à savoir les États-Unis et la RPDC, ont pris une décision politique, et une feuille de route de la dénucléarisation de la Péninsule a été élaborée. Dans cette déclaration conjointe, la RPDC s'est engagée à abandonner tout son programme nucléaire, les États-Unis et d'autres parties ont promis de normaliser leurs relations avec la RPDC, et toutes les parties se sont engagées à favoriser l'établissement d'un mécanisme de paix durable dans la Péninsule coréenne. Cette déclaration a ouvert des perspectives de paix et de stabilité pour la région et apporté l'espoir d'un règlement pacifique des différends.

12 ans après, certains pourraient penser que la situation dans la Péninsule a évolué et que la déclaration conjointe est obsolète. Mais à notre avis, ce qui est en phase avec son temps ne sera jamais démodé et une décision qui va dans le sens de l'Histoire sera toujours pertinente. S'il y a quelque chose qui a changé, c'est que nous avons aujourd'hui besoin d'une dénucléarisation plus complète, approfondie et irréversible. Que ce soit dans le nord ou le sud de la Péninsule, que ce soit en Asie du Nord-Est ou ailleurs, il ne doit pas y avoir de nouvel État nucléaire sur notre planète.

À cette tribune, nous exhortons la RPDC à ne pas aller plus loin dans une direction dangereuse. Nous appelons les États-Unis à mettre en œuvre effectivement leur engagement de « quatre non » à l'égard de la RPDC et demandons aux parties concernées de jouer un rôle constructif en faveur de l'apaisement des tensions. L'espoir de paix demeure. N'y renonçons pas. La négociation est la seule issue et nous devons y travailler sans relâche. Les parties doivent faire des pas les unes vers les autres et résoudre les préoccupations légitimes de part et d'autre. La Chine estime que le jour où la dénucléarisation de la Péninsule deviendra réalité devra être aussi le jour de la mise en place d'un mécanisme de paix de la Péninsule.

La Chine est depuis toujours engagée pour la paix. Nous avons déployé des efforts inlassables pour favoriser le règlement pacifique de la question nucléaire de la Péninsule coréenne. Quels que soient les changements qui interviendront, quel que soit le temps qu'il faudra et quelles que soient les difficultés qu'elle rencontrera, la Chine restera fermement attachée à l'objectif de la dénucléarisation de la Péninsule et à la voie du dialogue et de la négociation, et déterminée à préserver la paix et la stabilité dans la région.

- L'ONU doit être un promoteur du développement dans le monde. La mise en œuvre du Programme de développement durable à l'horizon 2030 (Programme 2030) doit être au cœur des actions de l'ONU dans le domaine du développement. Il faut encourager les États membres à associer le Programme 2030 à leurs stratégies de développement national, éradiquer la faim et la pauvreté pour qu'il n'y ait aucun laissé-pour-compte, et assurer une éducation de qualité, qui soit équitable et inclusive, et une éducation pour tous tout au long de la vie. Il convient de renforcer le rôle central de la coopération Nord-Sud et de faire valoir, en même temps, le rôle important de la coopération Sud-Sud.

Le changement climatique met en jeu le développement durable de l'humanité. L'ONU doit continuer à promouvoir la mise en œuvre de l'Accord de Paris et à encourager les différentes parties à renforcer la coopération internationale dans la lutte contre le changement climatique conformément aux principes des « responsabilités communes mais différenciées », de l'équité et des capacités respectives.

La question des réfugiés trouve son origine dans l'instabilité régionale et les inégalités de développement. L'ONU doit non seulement redoubler d'efforts pour répondre aux urgences en apaisant la situation humanitaire, mais aussi et surtout œuvrer davantage à régler les problèmes de fond en accompagnant le développement des pays et régions concernés.

Promouvoir la reprise et la croissance de l'économie mondiale représente une tâche lourde de longue haleine. L'ONU doit pousser les différentes parties à promouvoir la libéralisation et la facilitation du commerce et de l'investissement et à bâtir une économie mondiale ouverte. Il faut saisir les opportunités offertes par la nouvelle révolution technico-scientifique et chercher de nouvelles solutions par la réforme et de nouveaux moteurs par l'innovation, de sorte à explorer de nouvelles opportunités de développement et à construire un nouveau système de développement.

- L'ONU doit être un leader de la gouvernance mondiale. Se trouvant au cœur du système international contemporain, l'ONU est un miroir qui reflète l'état de la gouvernance mondiale. Elle doit suivre le courant de notre époque et promouvoir la démocratie, la primauté du droit et l'équité dans les relations internationales.

L'ONU appartient à ses 193 États membres. Grands ou petits, riches ou pauvres, ils sont tous égaux. L'ONU doit promouvoir cet esprit démocratique et favoriser l'égalité des droits, des chances et des règles dans les affaires internationales pour que tous les pays puissent élaborer ensemble les règles internationales, gérer ensemble les affaires planétaires et partager les fruits du développement. Elle a aussi besoin de perfectionner sans cesse son système et ses mécanismes pour mieux préserver les intérêts de la majorité des pays dans le monde et mieux refléter l'évolution de l'échiquier international.

L'ONU doit veiller à ce que le droit international soit appliqué de manière égale, unifiée, intégrale et fidèle et amener les différentes parties à observer strictement les buts et principes de la Charte des Nations Unies et à remplir leurs responsabilités et obligations afin de préserver le socle du droit et de l'ordre internationaux.

La mondialisation est un courant irrésistible. Il ne s'agit pas d'une « occidentalisation » ni d'une « orientalisation ». Il n'y a pas de place pour la « loi de la jungle », et encore moins pour la logique qui veut que « le gagnant remporte tout ». L'ONU doit œuvrer, dans le respect du principe de « concertation, synergie et partage », à rééquilibrer la mondialisation économique dans un sens plus ouvert, plus inclusif et bénéfique pour tous.

- L'ONU doit être un facilitateur des échanges entre les civilisations. La vitalité de notre village planétaire tient à la diversité culturelle. Respecter, préserver et promouvoir cette diversité doit devenir une conscience et une volonté de nous tous.

Les différentes civilisations doivent progresser ensemble à travers des échanges et l'enrichissement mutuel malgré leurs différences. Nous devons promouvoir l'épanouissement de toutes les civilisations, favoriser la diversité des cultures et encourager le progrès commun de tous les pays. L'UNESCO et l'Alliance des Civilisations des Nations Unies ont tout leur rôle à jouer à cet égard.

Il faut encourager chaque pays à choisir une voie de développement qui soit adaptée à ses propres conditions et respecter son choix. Les pays aux systèmes et voies de développement différents doivent se respecter et s'inspirer mutuellement pour progresser ensemble. Et l'ONU doit leur servir de plateforme de coexistence harmonieuse et de pont de dialogue et d'échanges.

Monsieur le Président,
Chers Collègues,

Les cinq dernières années ont été hors du commun dans le processus de développement de la Chine. Sous la conduite du Comité central du Parti communiste chinois (PCC) uni autour du camarade Xi Jinping, la Chine a obtenu de brillants succès dans tous les domaines et le socialisme à la chinoise est entré dans une nouvelle phase historique. Le progrès de la Chine continuera à apporter au monde plus de dividendes en matière de paix, de développement et de gouvernance.

- La Chine est une « ancre » de paix pour le monde. Peuplée de plus de 1,3 milliard d'habitants, la Chine a réalisé une stabilité durable, ce qui constitue une contribution majeure à la cause de la paix dans le monde. L'invasion n'a jamais fait partie de l'ADN chinois, de même que nous n'avons jamais eu de passé colonisateur. Comme le Président Xi Jinping l'a solennellement déclaré, quel que soit son niveau de développement, la Chine ne prétendra jamais à l'hégémonie, ne se livrera jamais à l'expansion extérieure et ne cherchera jamais de sphères d'influence. Au sein du Conseil de Sécurité, la Chine votera toujours pour la paix.

- La Chine est un « moteur » de développement et de prospérité. En mai dernier, le Forum « Ceinture et Route » pour la Coopération internationale s'est tenu avec succès et a abouti à plus de 270 résultats. La « Ceinture et Route » se veut une voie de paix, de prospérité, d'ouverture, d'innovation et de civilisations. C'est un chantier du siècle, qui apportera de nouvelles approches pour promouvoir la paix et le développement dans le monde et donnera une nouvelle impulsion à la réalisation des objectifs de développement durable à l'horizon 2030. À partir de l'année prochaine, la Chine organisera le Salon international des importations. Par son ouverture accélérée sur l'extérieur, elle insufflera une nouvelle dynamique à l'économie mondiale.

- La Chine est un « propulseur » du multilatéralisme. Elle défend fermement les buts et principes de la Charte des Nations Unies, la souveraineté, l'indépendance et l'intégrité territoriale des États, ainsi que le rôle central de l'ONU dans les affaires internationales. Quels que soient les changements dans la situation internationale, la Chine défendra toujours le multilatéralisme. Elle assumera les responsabilités que l'ONU lui confie et s'acquittera des devoirs internationaux qui lui incombent.

Monsieur le Président,
Chers Collègues,

Le XIXe Congrès du PCC s'ouvrira bientôt à Beijing. Ce sera un événement d'importance majeure, tenu dans la phase décisive de la construction sur tous les plans d'une société d'aisance moyenne et à un moment crucial pour le développement du socialisme à la chinoise. Il marquera un nouveau départ dans notre marche vers la réalisation du rêve chinois du grand renouveau de la nation. La Chine veillera toujours à inscrire son rêve dans le rêve commun de tous les peuples et à mettre son développement au service du développement commun de tous les pays du monde. Travaillons donc main dans la main à créer un meilleur avenir pour l'humanité.

Je vous remercie.

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